Qui est Sophie Merle ?

Pour vous, pour moi, comme pour chacun d’entre-nous l’histoire de notre vie vient à nous. C’est cette vie-ci, cette histoire là, un point c’est tout. Avec parfois pour seule consolation l’idée que nous aurions soi-disant choisis avant de naître le genre de vie qui nous conviendrait le mieux, celle-ci emplie d’obstacles spécifiquement destinés à nous fortifier l’âme et l’esprit. Bon, pourquoi pas!


Ma propre histoire commence par le rejet pur et dur de mes deux parents. Non pas des gens mauvais en tant que tels, (quoique...), disons plutôt incapables d’aimer leur enfant, bien trop préoccupés par une vie qu’ils voulaient uniquement faite de plaisirs. À Paris où je suis née, c’était sans doute l’époque qui voulait ça. Rire et s’amuser sans retenue. Je comprends. Un enfant, quel boulet!


C’est la mère de ma mère qui s’est donc dévouée à ma cause. D’origine suisse allemande, vivant à Genève, c’est à la “schlag” qu’elle s’y est prise. Jamais avare de coups et de punitions, toujours à cran, la pauvre femme jouait de son autorité en me terrorisant. Puis, lasse de s’occuper de moi, enfant peu facile, enfant rebelle, j’ai très vite été mise en pension. Un pensionnat, puis deux, puis trois, et ainsi de suite, me faisant renvoyer de partout.


Vide d’amour, de joie et de bonheur, convaincue à force d’être quelqu’un de la pire espèce qui ne méritait que rejet et abandon, moi la détestable, moi la détestée, croulant sous le poids de mes fautes, j’allais soudainement me désagréger sous l’emprise d’une sévère névrose d’angoisse qui deviendrait ma compagne de chaque instant pendant de très longues années. J’avais 18 ans.


Rejet, abandon, coups, punitions, enfermements, peur et terreur, en voilà un drôle de destin. Mais pourquoi? Pourquoi cette destinée pourrie d’avance? Ça n’arrive tout de même pas par l’opération du Saint-Esprit. Ça doit pouvoir s’expliquer. En effet, ça s’explique.


L’histoire qui forme la trame si singulière de notre existence, cette histoire qui se déroule devant nous, sans qu’on sache d’où elle vient ni où elle va, s’explique pour commencer par la teneur des programmes que nous avons inconsciemment acquis de naissance. Puis par notre éducation dans l'enfance. 

 

D’évidence, nous sommes arrivés dans un monde où le mal prime sur le bien, la haine sur l’amour, l’avarice sur la générosité. Ce qui fait que dans l’ensemble nous sommes bien mal partis pour vivre la vie belle et tranquille, bonne et heureuse à laquelle nous aspirons tous au fin fond de nous-mêmes.


Fort heureusement, il nous est possible de nos jours de changer volontairement de destin, d’histoire, et de vie, par la levée des ombres malsaines qui planent au-dessus, dégageant le soleil qui brille juste derrière.